Séminaire de topologie
Jean-Paul Gilson

Ces merveilleux fous parlant(s) avec leurs drôles de machines topologiques

Après avoir démontré les supports topologiques de l'angoisse nous allons poursuivre. Non sans dire. Que l'enseignement de Lacan se tient maintenant au Québec et à Montréal et nos efforts n'ont pas été vains d'y voir la rigueur s'en faire label. Que la topologie cependant dans ce cheminement progressif reste dédaignée, balistique en blanc du projet analytique puisque le terrain même de sa vérification est encore en friche et que la Passe n'est pas encore effective. Bien qu'à l'ELM…

Nous venons pourtant de démontrer comment Lacan, sur le terrain clinique le plus glissant - celui de l'affect - a réussi à imposer une lecture grandiose de ce "qui ne trompe pas" en élevant l'angoisse au rang d'affect du sujet en tant que réel de l'affrontement de chacun à sa vérité qu'on dit sexuelle. Nous savons ce qu'un Kaufman, dans son "expérience émotionnelle de l'espace", a pu faire de vains efforts pour en dresser l'inventaire qui reste moïque, tout au plus subjectivement encore philosophique. C'était un début méritoire. L'expérience de l'analyse étire son champ de l'objet que Freud nommait partiel, à celui de sa réorganisation que nous dirons marquée par le Phallus. Entre ces deux pôles, le désir glisse et arbore ses couleurs de saison : fait de discours. Il en est quatre. Tétrapon, depuis la sphinge, quadripode depuis Lacan, qui couturent unilatéralement (cross cap), voire suturent ce que l'éthique désigne des lieux interdits parce que de jouissances. Mes chers amis, Lacan nous en a laissé une cartographie autrement plus subversive, apprenant des perversions une lecture autorisée tout aussi topologique. Car si le pervers affronte la jouissance à visière relevée, ce n'est point dans l'espoir d'en obtenir le seul crédit d'imposture (cf. S. André) puisque, Orphée-vre en la matière, sa descente aux enfers sulfureux révèle un champ d'action, certes encore théâtral, où il se veut le conquistador du Matto Grosso de la jouissance de l'Autre pour s'en rendre sujet.

Sado-maso, voyeur-exhibitionniste, transsexualisme, pédophilie et autres formes d'inversions…

Nous laisserons à d'autres saisons la solution nouée de ces impasses obligées - que Lacan appela sinthomes - et qui effraie tant les adeptes du remplissage idéologique. Et pour cause, seul un évidement formalisé (séries de Fibonacci et lectures de l'un-nœud, par exemple) pourra construire une autre politique jusqu'à ce jour dépendante des bricolages idéologiques et ontologiques qui la maintient dans une inhibition désolante qui discrédite aussi leurs pratiques. Car si la coupure isole les séquences signifiantes de nos désirs inconscients, c'est l'évidement qui traite la jouissance pour en soutenir l'Acte qui ne soit pas de sacrifice à ce dieu obscur, sujet à savoirs. Nos difficultés à en promouvoir une passe éclairée sont la preuve clinique de l'inanalysé de nos gestionnaires. Verleugnung ou Versagung?

Début : 8 octobre 2002
Lieu : École Lacanienne de Montréal
Responsable : Jean-Paul Gilson (514) 279-2709
Horaire : Le séminaire aura lieu tous les deuxième et quatrième mardi de chaque mois à 20 heures.
Coût : 175$ le séminaire ou 350$ pour l'ensemble des séminaires.
Les séminaires sont gratuits pour les membres de l'école.